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Youth Ahead!

Ambition et Action.

Politique française : Le règne du Sur-Je. Publié le Dimanche 11 Janvier 2009 à 20:41:25


De la virilité et de l’excitation souvent amalgamée au dynamisme, au-delà d’un véritablement changement institutionnel et social, voilà l’essentiel de l’action de cet Empereur dont la brutalité témoignait plus de son incapacité à négocier, à faire évoluer par la concertation que de son impatience infantile et son mépris inné pour les plus faibles, un comportement assez paradoxal quand l’on connaît ses origines modestes.



La foule en délire acclamant son champion. Des artistes légendaires et ephemeres entassés autour de l’Elu, des mécènes face au peuple triomphant, des oligarques buvant du petit lait dans un de ces restaurants où la France d’en bas n’a pas droit d’entrer faute de moyens, le Messie tant attendu est arrivé pour sauver le pays de son déclin programmé. La place de la Concorde, bondée, prise dans le tourbillon infernal de l’euphorie populaire, jusqu’au bout ils y ont cru, ils l’ont espéré, la rupture est désormais possible, inéluctable.

Fatigué par les excès de plus d’une décennie d’ « immobilisme », de magouilles en tout genre, de népotisme, le peuple venait de choisir un héritier du système pour reformer un univers fortement opaque et conservateur. Par quelques artifices merveilleusement utilisés, on fit croire que le preux chevalier, bien qu’illustre membre du gouvernement sortant, était un homme neuf, digne d’aller en croisade contre les non-sens politiques que lui-même en son temps avait participé à instaurer. De l’unicolore grisâtre du vieux régime chiraquien, on passa rapidement à la brillance maximale pour mieux aveugler les peuplades dans l’attente désespérée du miracle. Il y eut donc à cette fin, la mise en place d’un concept fort ancien, subtilement flou que l’on nomma « ouverture », une sorte de débauchage des frustrés, cupides et avides qui se terraient chez les adversaires, ils reçurent des postes plus ou moins prestigieux sans réel pouvoir, car comme durant toute sa carrière politique l’Elu jouait avec virtuosité sur l’apparence et l’illusion. L’ouverture ne consistant pas uniquement à mettre dans sa gibecière gouvernementale les hommes d’en face mais de s’ouvrir également idéologiquement aux idées d’autrui et d’incorporer ses différences dans l’élaboration d’un programme commun et élargie. C’est peut-être dans cette perspective qu’il fallait comprendre le slogan « Ensemble tout devient possible » qui fut son leitmotiv dans sa marche vers le trône présidentiel.

Mais tout le monde le savait le nouveau Prince ne comptait pas négocier sur le fond, la foule délirante qui l’avait consacrée Roi pour qu’il redore le blason d’un pays qu’il avait contribué à ternir, attendait de lui autre chose que les sempiternels tergiversations politiques de l’ancien régime. De la virilité et de l’excitation souvent amalgamée au dynamisme, au-delà d’un véritablement changement institutionnel et social, voilà l’essentiel de l’action de cet Empereur dont la brutalité témoignait plus de son incapacité à négocier, à faire évoluer par la concertation que de son impatience infantile et son mépris inné pour les plus faibles, un comportement assez paradoxal quand l’on connaît ses origines modestes. Peut-être a-t’il toujours cru que discuter sans humilier était l’apanage des hommes médiocres, alors qu’il l’aurait valu mieux écouter les autres que de s’écouter soi-même en longueur de temps. Il est vrai comme le souligne souvent Alain Minc, l’homme qui murmure à l’oreille du Prince, que Zeus n’est pas idiot. Peut-on être idiot et rendre publique son divorce le même jour où le pays entier est paralysé par un mouvement social d’une grande ampleur afin de détourner cyniquement l’attention sur ce qui se passe dans le lit impérial ? L’intelligence du Prince égale celle de Dieu lui-même. Qui pourrait faire croire au monde que seule l’intervention de l’Impératrice, l’arme au poing, a permis de sauver de la barbarie du berbère libyen les pauvres innocentes bulgares, en faisant passer en silence les efforts titanesques des diplomates européens et internationaux qui durant des mois ont mené avec un certain succès des négociations discrètes ? Qui pourrait laisser entendre que la libération d’Ingrid Betancourt est due uniquement à la mobilisation permanente d’un Président à peine installer dans le fauteuil présidentiel ? L’intelligence du Prince est comme sa mission, divine.

Et comme toute vocation divine, toute forme de contestation ou de protestation est systématiquement taxée de blapsheme haineux, le « sarkozysme primaire », injure suprême aussi puissante que celle de se taire face à un certain extrémisme israélien de peur d’être « antisémite ». Dans le nouveau royaume, la critique est un luxe qu’un nombre restreint de privilégiés peut encore se payer, mais pour combien de temps ? Même les dinosaures disait-on indéboulonnables et inaltérables, ont finalement été réduit au silence. Dans les conférences de rédaction de cette presse au garde- à-vous, l’angoisse est présente dans les esprits et la hantise d’être le prochain sur la liste est palpable. Les medias, naguère contre-pouvoir, se soumettent à l’autocensure et évite trop souvent d’aborder les questions de fond, préférant se concentrer sur les faits divers moins risqués. Depuis son accession, le Prince a fait de la communication un véritable acteur de l’action politique. De plus en plus, l’égocentricité du surjeu portée par l’invasion du « Je » à la place du « nous » collectif, et sublimée par les « spotlights », a transformé le sens du politique en une personnalisation étouffante. Grâce à cette nouvelle gouvernance basée sur sa propre personne, sur l’omniprésence et l’omnipotence, on centralise le débat sur soi en dictant l’actualité à ceux dont le rôle premier consiste à s’arrêter un moment pour dégager le vrai de l’ivraie. Contrairement à ce que l’on pourrait penser, cette personnalisation de la politique n’entraîne pas forcement une responsabilité directe et accrue, lorsque les nuages s’amorcellent à l’horizon, on trouve rapidement d’autres coupables, la crise financière, les caisses vidées par les prédécesseurs, la conjoncture internationale défavorable etc. Un exemple de cette escroquerie intellectuelle, il y a quelques mois, Nadine Morano, ce pitbull avec un rouge à lèvre, mettait la réduction du chômage sur le compte de l’activisme présidentiel, alors que ce résultat était la conséquence des efforts constants des gouvernements précédents que l’on accusait aujourd’hui de paresse et de laxisme. Des semaines plus tard, la hausse du chômage était par un tour de passe-passe le signe de la profondeur de la crise économique mondiale.

Il arrive parfois que le Prince s’amuse à faire du « stand up » avec des blagues pas très inspirées provoquant le fou rire mécanique des courtisans qui ont tout intérêt à rigoler et à le trouver drôle. C’est avec un étonnement terrible que l’on apprend au détour d’une de ces interventions que « lorsqu’il y a grève en France, personne désormais ne s’en aperçoit », et quelques mois après les lycéens en colère font plier le gouvernement.

Le dictat de l’image à entraîner la classe politique française vers une sorte de damnation idéologique. Des grandes messes d’évangélisation où l’on appelle à la FRA-TER-NI-TE aux ministres devenus des égéries des marques du chic, la mutation est inquiétante. Il ne faut pas attendre de l’opposition émiettée en clans qui se détestent farouchement, qu’elle puisse être une force de proposition, une alternative intéressante. Les intérêts personnels priment sur les urgences sociales et les préoccupations citoyennes. Et le rare qui parvient à se faire entendre, à cristalliser une certaine espérance, appelle à la mort du capitalisme cannibale, un remake moderne de la lutte des classes. Le reste se fond dans le paysage ou presque. Le démocrate chrétien de droite devenu par opportunisme centriste, c’est-à-dire assis politiquement le « cul entre deux chaises », dont le programme électoral ressemble à la virgule près à celui du parti impérial comme l’a justement souligné le très ambitieux et brillant François Copé au cours d’un échange télévisé mémorable qui a mis à nu l’absurdité d’un mouvement sans âme mais surtout sans capitaine. De l’autre coté on assiste volontiers à l’agonie de l’extrême droite qui espère que l’aggravation de la situation économique finira par provoquer un apocalypse social dont les boucs émissaires idéaux seront ces « sauvages » d’étrangers, voleurs d’emploi et ingrats. Avec une politique d’immigration dite choisie puisque la France ne peut « accueillir tout la misère du monde », misère dont elle est la cause en pillant sans scrupule les ressources naturelles des pays du Tiers-monde et en maintenant par tous les moyens leurs tyrans au pouvoir, le parti impérial a su siphonner un flanc de la doctrine frontiste remettant du coup en cause l’existence de l’extrême droite sur l’échiquier politique nationale. Quand au parti à la rose, c’est l’excellence du ridicule qui a prévalu depuis des mois. Entre tripatouillages électoraux digne des républiques bananières et déchirements viscéraux, le problème fondamental pouvait se résumer à une folle opposition frontale et concentrée sur le prince et moins sur son action, son agitation excessive, superficielle. En désignant une représentante de la « gauche de la Gauche », le parti socialiste veut désormais se donner les moyens de ne pas être une simple force d’obstruction parlementaire mais d’incarner une autre « idée » de la France. Mais avec une Ségolène, royale Diva, en embuscade, un Bill Clinton français au Fond Monétaire International qui patiemment attend son heure, les questions de leadership risquent de plomber durablement une renaissance mal préparée. Tant que les mammouths de ce parti ne permettront pas l’éclosion d’une nouvelle génération de jeunes dirigeants incarnant la diversité de la société, qui permettent sa reforme, l’on peut considérer cette formation politique comme morte et enterrée.

La nomination populaire du Prince a suscité bien des espoirs. Nombreux sont ceux qui ont été déçus, nombreux sont ceux qui ont été satisfaits, à commencer par les heureux bénéficiaires du paquet fiscal. Jamais en cette fin d’année la détresse n’aura été si puissante et la colère si intense. Malgré le satisfecit général sur le volontarisme du Prince dans le Caucase comme lors des tribulations financières, le constat froid et implacable s’impose, trop de bruit pour pas grand-chose. Il aura fallu l’intervention américaine pour arrêter le géant russe dont la Tsar Medvedev ironisera sur le manque de sereinité du leader français. De même, l’organisation dans la précipitation d’une conférence sur la crise financière n’a pas résolu les problèmes de fond, et les engagements pris n’ont eu aucune portée à court mais aussi à long terme sur la restructuration d’un système malsain. Si tout le monde convient avec la catastrophe actuelle que reformer le capitalisme, le moraliser est une exigence impossible à ignorer, il faudrait du temps et de la concertation pour y parvenir tant les enjeux sont énormes et les intérêts divergents. Ce qui est frappant dans cette histoire très étrange, c’est que depuis l’éclatement de ce scandale financier mondial aucun de ces fossoyeurs économiques n’a été poursuivis ni incriminés pour avoir plonger le monde dans le chaos et faire perdre à des millions de personnes leur sous. Comment moraliser le capitalisme si l’on n’a même pas le courage de mettre en prison ces gangsters à col blanc ? Il est plus aisé de traiter de racailles de petits banlieusards et de se faire petit en profitant des largesses des nantis, de la générosité de ses amis richissimes, on attend aussi que l’on nettoie au karcher la finance internationale.

L’essentiel n’a plus aucun sens dans ce royaume où la saturation qu’elle soit médiatique ou politique a imposé de nouvelles considérations. Chaque fait divers appelle une nouvelle loi répressive. On se soucie très peu de comprendre le pourquoi du comment, trop lent, trop compliqué, il faut aller vite et provoquer la polémique pour mieux écraser et stigmatiser autrui. Sans le savoir, en quelques mois il s’est instauré dans la monarchie républicaine française une gouvernance parasite et toxique, le règne du Sur-Je.

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Au royaume de Bob le Sanglant.. Publié le Dimanche 11 Janvier 2009 à 20:38:43


Le cholera prend des vies. Des populations sans eau, sans assainissement, sans infrastructures, livrées à elles-mêmes, sont prises au piège et se retrouvent souvent seules face à un destin deja scellé. Près de 600 morts en quelques semaines.

En septembre de cette année qui s’achève, une épidémie de cholera emportait dans la quasi indifférence des centaines de personnes dans l’une des régions les plus liberticides de la planète, la Guinée Bissau. Quelques mois après, la même situation sanitaire se répète au Zimbabwe attirant cette fois-ci toute l’attention du monde. C’est vrai que depuis que le nom Zimbabwe est devenu synonyme de chaos politique et d’apocalypse social, la communauté internationale, ce formidable machin, prête aux litanies du peuple zimbabwéen une oreille toute particulière. Plongé dans un marasme économique sans précédent, ancien grenier d’Afrique australe, se targuant naguère de nourrir la sous-région entière à lui seul, le royaume de Robert Mugabe s’est enfoncé doucement dans les abysses du népotisme et se laisse désormais dévorer par ses monstres ténébreux que sont la corruption institutionnalisée, la divine impunité, la terreur appuyée par une oppression mécanique et impitoyablement efficace.
 
Les récentes élections tenues au cours de cette année 2008, malgré des législatives remportées à la surprise générale par l’opposition, furent l’occasion de montrer l’affligeante bouffonnerie d’un régime qui non seulement est inapte et usé mais continue à s’accrocher coûte-que-coûte au pouvoir avec la bénédiction d’une Union Africaine honteuse et irresponsable. Pourtant, il ne faut pas être un spécialiste des droits de l’homme ou un politologue averti pour voir que ce qui se passe au Zimbabwe relève de l’absurdité de la démagogie. Pendant que le peuple vit chaque jour dans les horreurs de la pauvreté et semble épuisé par les batailles vaines du changement qui prend son temps, l’opulent prince et son impératrice s’offrent dans une capitale fantôme, Harare, une vie de pacha. Et les nombreux courtisans dansant au son des cantiques à la gloire du dieu vivant Mugabe et autour du veau d’or recouvert pour l’occasion de dollar américain, s’assurent avec minutie de la pérennité d’une monarchie à l’africaine. Mugabe n’étant pas le seul monarque du continent à s’enrichir allégrement sur les souffrances de son peuple en le tyrannisant sous le regard bienveillant des nouveaux parrains asiatiques qui ont rapidement remplacé ceux d’hier, les moralistes occidentaux. Il n’est qu’un nom sur une liste trop longue d’empereurs présidentiels africains qui font dans le silence sanglant de la répression ce que lui ose faire à la lumière des caméras des médias internationaux. Si l’on prend en pitié le peuple zimbabwéen, l’on devrait ouvrir des centres de compassion en Tunisie, en Egypte, en Angola, en Guinée Equatoriale, au Gabon, au Congo, au Cameroun etc., dans tous ces pays africains où le mot liberté est un crime de lèse majesté.
 
Avec ces dizaines de milliers de malades souffrant de cholera et près de 600 morts pour l’instant, le Zimbabwe, pays de toutes les malédictions africaines réunies, attise toujours autant la fougue dénonciatrice des dirigeants mondiaux, le courroux des vertueux. Les populations dans l’attente d’une vraie mobilisation planétaire s’entendent dire qu’il leur faudrait d’abord chasser leur prince, soutenu durant des décennies par les Premier Ministres de sa Majesté, avant d’espérer voir débarquer les médecins et les médicaments dont ils ont urgemment besoin. A la place de réponse claire et appropriée face à la situation sanitaire catastrophique du pays, l’énergie est focalisée sur un individu que la raison a quitté depuis des lustres, et dont l’humanité semble avoir déserté un cœur en poussière. Cela fait des mois que Bob Mugabe méprise toutes les initiatives politiques et diplomatiques visant à l’écarter d’une manière comme d’une autre de son trône, et fait échouer régulièrement les négociations pour un partage du pouvoir avec celui que le peuple et les leaders de la communauté internationale ont deja choisi comme unique interlocuteur valable et légitime, Morgan, Tsvangirai.
 
« Mugabe must go ! » lançait il y a encore quelques jours Condoleeza Rice devant les images d’enfants et de femmes en train de s’éteindre dévorés par une cholera sans pitié, une exigence tout aussi irresponsable que le gouvernement que la Secrétaire d’Etat dit représenter. Le temps n’est plus aux pressions et autres sanctions qui laissent de marbre un peuple dont les préoccupations sont de survivre à chaque heure qui passe. Et qu’importe donc les milliards de dollar confisqués que les fonds vautours s’empresseront à leur tour de détourner par le biais de procédures opaques voire criminelles, des interdictions de voyager pour l’entourage du prince qui d’ailleurs préfère le luxe déroutant de Dubaï et de Singapour à la froideur des rues de New York ou de Paris, des ultimatums et autres singeries dont la communauté internationale sait offrir quand le moment s’y prête le moins. Le malade zimbabwéen couché dans un grabat n’espère rien d’autre que des soins médicaux rapide. L’on se garda bien de questionner certains pays asiatiques touchés par le tsunami sur la crédibilité démocratique de leur régime politique, alors au nom de quelle doctrine devrait-on laisser mourir des populations simplement parce que leurs gouvernants sont des « gangsters » ? Au nom de quelle logique, de quel raisonnement, de quelle idéal devrait-on considérer que les malheurs de certains peuples valent mieux que ceux des autres et donc méritent un traitement différent ? C’est un tsunami silencieux qui touche actuellement le peuple zimbabwéen. Même si les pleurs de ces familles là ne pèsent pas autant que les cris des « traders » de Wall Street, et que leur désespoir n’affole pas les pôles financiers mondiaux poussant les « Grands » à débourser des milliers de milliards de dollar, ce sont des larmes d’êtres humains qui n’attendent pas beaucoup, ni visas pour l’occident, ni paternalisme arrogant, seulement un peu d’humanité et de responsabilité.
 
Tandis que des villages entiers sont décimés par un mal que l’on croyait vaincu depuis des siècles, le cholera, les rois et empereurs des Grandes Nations semblent décider à transformer cette urgence sanitaire en une strangulation politique. Le « Bob » Mugabe, Tout-Sanglant, se moquant bien de ces agitations de « blancs » et de « traîtres » africains vendus à la cause occidentale, arrive par une insolence qui le caractérise à faire un bras d’honneur aux nouvelles sanctions internationales décidées contre son régime à l’agonie certes mais ayant encore intacte toute sa capacité de nuisance. Malgré les appels à la démission relayés par les médias, comme si au fond le départ de Mugabe pourrait dans l’immédiat stopper l’inadmissible carnage, le vétéran des luttes de libération nationale fait le sourd et continue à régner sur un cimetière de plus en plus immense. Obligeant presque l’Afrique du sud qui connait son lot de xénophobie à recevoir les caravanes d’hommes squelettiques, vidés et au seuil de la mort. Il est bien loin le fameux « We are the World ! », slogan fédérateur, universel pour dire « Non ! » à la famine en Ethiopie. Aujourd’hui à chacun sa misère.
 
Et l’Union Africaine moribonde et mort-né regarde comme toujours les cadavres s’empiler et les fosses se remplir en espérant que d’autres viennent faire son travail. Sa seule réussite depuis sa création étant sa folle tendance au gaspillage et à l’entretien de ses bureaucrates ventripotents roulant dans de superbes berlines et logeant aux frais du contribuable dans de confortables châteaux. Avec la désignation du Très Transparent Ping, nouveau président de la Commission, qui fut épinglé par une enquête journalistique française sur des biens immobiliers étrangement acquis, cette Union, qui n’unit de fait que les intérêts des rois africains et ignore les aspirations des populations, a déjà écrit sans le savoir son épitaphe et qu’il appartient désormais aux nouvelles générations de repenser les fondations d’une autre organisation panafricaniste, active et exigeante. Parce qu’il est inadmissible qu’en ce siècle de toutes les ambitions, l’on accepte la régression permanente imposée par de vieux dinosaures dont l’horloge mentale, économique, sociale et politique est restée figée à l’heure des années 1960.
 
Le cholera prend des vies. Des populations sans eau, sans assainissement, sans infrastructures, livrées à elles-mêmes, sont prises au piège et se retrouvent souvent seules face à un destin deja scellé. Près de 600 morts en quelques semaines. Un bilan loin de correspondre à l’ampleur réel du désastre. Nul été les efforts titanesques entrepris dans un contexte difficile des organisations onusiennes telles que l’Unicef qui distribue par jour environ 360 000 litres d’eau potable à ceux qui ne peuvent y avoir accès, c’est-à-dire à une large majorité de la population, le nombre de décès serait plus important. Un effort louable mais dérisoire. La Grande Bretagne dans sa générosité si « british » va débloquer plus de 10 millions de livres sterling, la France avance une première aide de « 200 000 » euros pendant que les américains réfléchissent encore et que l’Union Européenne discutaille. Entre temps, les charognards prennent d’assaut les cieux d’Harare et laissent présager que la magie des fêtes de fin d’année aura un arrière-goût de pompes funèbres au royaume de « Bob le Sanglant »..

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