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Youth Ahead!

Ambition et Action.

La nuit.. Publié le Lundi 8 Juin 2009 à 18:43:04

J’aime la nuit.. Le silence apaisant sur lequel comme de doux oreillers en coton mon esprit se couche, s’étale et se perd..

J’aime la nuit.. Cette sérénité de l’obscurité que je prends le temps d’écouter sans jamais sentir le besoin de comprendre..  

 la nuit.. Du temps s’écroulant paisiblement comme les murmures qui se taisent.. Et la cadence ralentie d’un monde à la recherche de son propre sens.. 

J’aime la nuit.. La beauté des paysages endormis, la fragilité des âmes errantes au milieu de nulle part.. C’est le règne de la liberté retrouvée, d’une libération de soi, d’une émancipation de l’esprit face aux lourdeurs de l’enfer diurne.. La nuit, cette terre d’exil dépouillée de toute amertume mais où la nostalgie s’invite parfois pour titiller avec son caducée des sentiments mal étouffés..  

J’aime la nuit.. La magie du frou-frou de ces diamants parsemés sur l’infinie étendue qui brasillent dans les ténèbres en soupirant quelques fois des mots d’amour à mon oreille atteint de surdité aiguë à cause du tintamarre sanglant de notre époque.. 

J’aime la nuit.. Les senteurs printanières de la nature recouvrent, comme un voile abaissé pudiquement, les puanteurs automnales du quotidien.. Les douceurs du vide remplissent chaque espace déserté par la saturante oppression du superficiel, du matériel, de l’artificiel..  

J’aime la nuit.. Les morceaux de mon âme recollés par petits bouts grâce à l’harmonie silencieuse d’une véritable paix intérieure retrouvée.. La patience dans la construction du puzzle de mon existence.. Le moment où je m’arrête sur le reflet de ma propre mutation, du déploiement des ailes à la disparition des cornes.. L’instant où je sens monter la nausée devant les défigurations saillantes de mon esprit, de ce visage plaqué sur une glace tremblotante d’effroi devant les sillons creusés par les balafres affreuses de mes colères..  

J’aime la nuit.. L’invitation à mourir pour naître à l’aube des premiers rayons d’une longue agonie.. L’anticipation de l’enfer du petit matin avec sa mécanique abrutissante.. 

J’aime la nuit.. L’amour qui débat dans des draps.. Les inconnus qui se perdent dans l’immensité des bras enlacés.. La postérité qui se met en route en se frayant un chemin entre cet égout phallique si ridicule dont les semences blanchâtres sont aspirées avec une consternante gloutonnerie par la superbe décharge de l’utérus.. L’humanité grossissant en nombre à l’ombre de la pudeur et de la morale.. Des préservatifs jetés dans un coin du bonheur, baignant dans une marre visqueuse infestée de la vie.. Des soirées réussies, arrosées par des ivresses souvent méritées, juste pour faire oublier la perversité cruelle et le sadisme étonnant du système qui n’a de cesse de tout vampiriser..  

J’aime la nuit.. L’espoir après les désastres de l’ordinaire.. Le besoin de s’envoler pour mon âme, de descendre sur terre ou simplement de se mettre en terre.. De choisir sa mort, l’ultime acte de liberté.. 

J’aime la nuit.. Elle me ramène à ce que je suis.. Du moins à ce que je crois être, de temps en temps, un être humain..

Afficher les 2 commentaires. Dernier par black halo sale dress le 10-01-2010 à 21h46 - Permalien - Partager
Un soleil fugace.. Publié le Lundi 8 Juin 2009 à 18:34:44


Ce ne fut pas un coup de foudre..

Ce fut un coup, tout court.. D’une violence inouïe, d’une brutalité étourdissante, asphyxiante.. Comme une énorme massue écrasant l’insipide régularité du quotidien, assommant l’ennui grisâtre des paysages urbains qui défilaient à l’extérieur de ce metro atteint de vétusté aigue, et qui allait nonchalamment desservir les stations perdues de la banlieue..

Elle avait le charme foudroyant des beautés tranquilles.. L’Architecte dans sa grande intelligence lui avait refusé la magie des illusions éclatantes qu’il m’arrivait trop souvent de croiser dans cette ville capitale de la mode contemporaine, des coquetteries standardisées dont raffolaient les mâles parce qu’elles avaient ce brin de superficialité agréable, et qui possédaient l’atout formidable d’ouvrir les cuisses aussi aisément qu’elles débitaient de délicieuses inepties..

Certaines femmes déshonoraient la gente féminine, avec une légèreté affligeante pour les cléricaux, jouissive pour le reste des ordinaires, elles réduisaient le féminin sacré à une sorte d’objet conçu pour servir la boulimie insatiable des hommes.. Une telle liberté de disposer de son corps et de l’offrir aussi facilement à toutes les voracités phalliques ambulantes montrait à quel point l’on avait parfait le ridicule à cette époque désolante où des combats héroïquement inutiles continuaient d’être menés au nom d’une dignité à laquelle même les concernées ne semblaient pas réellement tenir..

Des strings largement étalés au regard du monde, des cambrures accentuées par des étoffes raccourcies au fil de l’intensification de ce machin que l’on enveloppe dans le « assumer sa féminité », la lutte pour la libéralisation de la femme a tourné à une pornographie deguelasse qui malheureusement, fortuitement, sert habilement les discours machistes.. On en est arrivé à voir défiler dans les rues non pas des intelligences capables d’atténuer la déchéance quasiment inéluctable de la civilisation humaine mais de la pure bêtise dévêtue passionnée par le coté obscur de la liberté, l’indécence.. Point de pudibonderie de ma part en ces heures du déshabillage à l’extrême, seulement beaucoup de peine à voir d’où nous sommes partis et où nous avançons avec la sérénité terrifiante des animaux se dirigeant vers l’abattoir.. L’homme a-t-il fait tout ce chemin, de la vermine paleanthologique à l’homo christianus diorus pour que la femme le ramène à l’état de nature, celle de la feuille d’érable posée sur l’intimité.. A croire que l’évolution à reculons est notre destinée commune..

Il faut avoir du respect pour les femmes, surtout pour ces mères qui ont su recevoir et transmettre avec amour l’humanité, elles qui ont du faire face aux plus grandes injustices, au mépris le plus insupportable.. Il faut rendre hommage à ces femmes qui ont osé braver le monopole du mâle dans tous les secteurs d’activité, elles qui n’ont pas hésité à se jeter dans l’arène, dans la fosse aux lions, au péril de leur propre vie.. La femme a toujours été l’artisane du progrès humain, elle a inspiré le monde qui s’est trop souvent projeté en elle.. Il y a eu, il y a, il y aura, des femmes conscientes de leur rôle fondamental dans le débat civilisationel de nos époques, de leur influence majeure dans la marche du temps, de leur capacité à porter les révolutions sociétales et à inscrire durablement l’humanité dans les valeurs de justice.. Mais il y a eu, il y a, il y aura aussi des femmes esclaves de leur condition, incapable de briser les chaînes de l’ignorance, faisant du féminisme la plus répugnante des libertés, celle qui n’existe que par la haine des autres, celle qui trouve sa force et sa virulence dans la détestation des hommes.. Un acharnement qui a conduit à cette pseudo victoire qu’est l’émancipation de l’esprit féminin, la libération du corps devenu en fin de compte une vulgarisation nauséeuse du physique et une braderie insupportable de l’intelligence.. Le féminisme est une faute dans le combat des femmes pour plus d’égalité, il n’a de sens que pour masquer, à peine, toute la frustration et la faiblesse d’une bataille, par ailleurs légitime, menée sur un terrain boueux, salissant, suffisamment indigne de ce qu’elles sont, c’est-à-dire les mères du monde.. Le féminisme a tué la femme.. Il l’a éloigné de ses sentiers lumineux pour la conduire vers les vallées ténébreuses du libertinage qui se veut dorénavant décomplexé.. Les générations actuelles, comme ces filles qui font rimer séduction avec provocation, assises sur elles-mêmes de l’autre coté du metro, sont une illustration du malaise présent..

De nos jours, une jeune femme libre n’est pas celle qui sait à la fois se tenir, rester insoumise sans vulgarité ni effronterie, susciter le respect des autres en marquant son indépendance, mais celle qui excelle dans l’absolue excentricité.. Quand l’on y regarde de plus près, les véritables prédateurs sont désormais les femmes.. Que l’on ne s’y trompe guère, je suis un homme qui aime les femmes et qui leur dit en les caressant du regard qu’elles vont trop loin, qu’il serait peut-être grand temps qu’elles s’interrogent à nouveau sur le sens qu’elles accordent au mot « femme »..

En attendant le miracle, c’est avec un air amusé que j’observais cette marmaille de pies jacassantes près de cette inconnue désarmante qui venait en un battement de temps de faire tomber le bouclier en marbre vissé naguère sur mon cœur.. Malgré le tumulte de la machinerie ferroviaire en mouvement, du brouhaha des passagers et de la ferveur des discussions animées, elle absorbait toute mon attention par une espèce de sérénité consciencieuse, de mise à distance du réel qui m’intriguait profondément.. Derrière ses grandes paires de lunette, sa chevelure aux couleurs du ciel déserté par la lune voilait timidement une partie de son visage candide.. Elle avait l’air d’une none béatifiée revenue parmi les hommes pour y redécouvrir la puissance de l’ennui.. Contrairement à Renan Luce, je me découvrais une passion pour les nones.. Et j’avais l’impression de ne plus pouvoir m’en passer..

À l’abri de l’étrangéité du monde, elle guettait défiler les ombres de la nuit en admirant la fuite silencieuse du paysage.. Je m’accrochais à cette émotion mystérieuse, vivante que les retors de l’existence semblaient avoir poussé à une certaine résignation du bonheur.. Mes yeux tels les griffes d’un aigle s’étaient agrippés à elle et malgré les feintes d’indifférence, les dérobades gestuelles, je savais qu’elle les ressentait pénétrer douloureusement son être.. Elle posait par intermittence son regard sur moi avec une curiosité qui me faisait plaisir, on est curieux de ce qui nous intéresse.. Elle était simple, dépourvu d’artifices, nue du superficiel, et je ressentais pour cette apparition presque divine une adoration qui scandaliserait tout chrétien du dimanche.. J’aurais aimé lui vouer un culte plus intense, me fidéliser à la vie à la mort, suivre avec une attention déraisonnable son intime liturgie et aller porter croisade en son cœur pour la libérer du joug apparent de ses infidèles détrousseurs.. J’aurais aimé.. Mais comme à l’accoutumée je suis resté scotché à mon siège, lâchement, contemplant cette destinée sublime se lever et descendre à une station que j’ai depuis rebaptisé « Heartless ».. Je l’ai regardé disparaître pour toujours dans la nuit un peu comme un soleil fugace se perdant dans le crépuscule..

Afficher les 2 commentaires. Dernier par mfegue amougou le 08-04-2010 à 11h25 - Permalien - Partager